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La persévérance





Certains aiment voyager, dessiner ou que sais-je, moi j’aime apprendre. Toute ma vie ça m’a fasciné ce processus d’appropriation de la connaissance. Déjà, quand j’étais enfant, je trouvais très intéressant qu’il y ait des lieux qui n’avaient d’autre utilité que d’enseigner toutes sortes de choses à des gens qui les ignoraient. À l’école, comme tout le monde, je détestais devoirs et leçons. Ce n’est pas que je ne voulais pas étudier après l’école, simplement, je n’en voyais pas l’utilité: puisque j’avais déjà compris l’explication du prof, je ne comprenais pas pourquoi je devais l’apprendre encore. J’adorais apprendre mais j’étais aussi paresseux et j’avais le sens du progrès: quand une chose est sue, inutile de s’attarder; on passe à la suivante.

Cette attitude (mi facilité de compréhension mi paresse) m’a beaucoup servie à «la petite école» mais pas du tout plus tard: j’ai traversé le cours élémentaire en étant premier de la classe (parfois deuxième). C’est rendu au collège que ça s’est gâté. Là, l’intelligence ne suffit plus, il faut étudier. Or, je n’étais pas du genre studieux: j’aimais apprendre, mais pour moi apprendre devait être agréable, sinon pourquoi apprendre? Alors assez rapidement, de premier de classe, j’ai descendu, descendu, jusqu’à devenir le tout dernier. Et comme j’étais aussi «indiscipliné» (c’est comme ça qu’on disait à l’époque), j’ai été renvoyé de plusieurs collèges.

«Bon à rien»: ces mots, j’ai dû les entendre des dizaines de fois. En fait, comme beaucoup, je n’étais pas vraiment paresseux. Simplement, j’étais incapable de faire des efforts pour apprendre ce qu’ils voulaient que j’apprenne, mais pour ce que JE voulais apprendre, je ne ménageais pas mes efforts. Oui, j’ai eu mon bacc, mais pas parce que j’étais bon dans les cours, plutôt parce que j’avais une qualité très importante: la persévérance.

Être persévérant m’a servi toute ma vie. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la spiritualité, j’ai lu plusieurs livres sur le Yoga. Parmi eux, il y en avait un où l’auteur (un occidental qui avait étudié en Inde) répétait que le «succès» en spiritualité (SUCCÈS, enfin…) dépendait de 3 choses: douleur, douleur, douleur. Pas besoin de me connaître beaucoup pour deviner que je n’étais pas d’accord du tout. Pour moi, l’état normal, naturel est JOIE; si nous ne sommes pas perpétuellement heureux et joyeux, c’est la preuve que notre vie n’est pas encore naturelle: on est encore en apprentissage; il faut y travailler, c’est tout. Et pour réussir, la persévérance aide beaucoup.

Parmi ceux qui y travaillent sérieusement, on constate que peu réussissent. Pourquoi? Il y a deux raisons, la première (qui fera l’objet d’un autre article) est qu’on ne sait pas réellement comment faire (on CROIT qu’on sait, alors on agit d’après ce qu’on croit; mais ça ne vaut rien –pour le bonheur tout au moins); l’autre est le manque de persévérance. Évidemment, si à la première difficulté on abandonne, c’est fini, on n’atteindra jamais le but (être perpétuellement heureux, c’est bien le but de la vie?)

Quand on est pris dans la tempête, il ne sert à rien d’arrêter de marcher ou de se dire que c’est trop difficile; si on fait cela, c’est fini, la tempête a gagné. Il faut continuer quand même, obstinément, un pas devant l’autre, alors on avance, lentement peut-être, mais on avance. Aucune tempête n’est éternelle; quand c’est passé on se rend compte d’une chose extraordinaire: tout autour c’est calme, mais on marche encore, on avance. Sauf que nos pas sont beaucoup plus faciles, plus assurés aussi.

Pour tout, il faut être persévérant. Un dessinateur n’est pas né dessinateur; un jour il a pris un crayon et il a gribouillé; mais il a PERSÉVÉRÉ et avec le temps il est devenu dessinateur. Pour la spiritualité c’est la même chose; PERSONNE n’est bon la première fois. Mais si on continue, on est CERTAIN de «réussir». La persévérance nous remet même dans le bon chemin si l’on s’en écarte (c’est simplement plus long alors).

Parfois on a le goût de baisser les bras et tout laisser tomber. C’est normal et ça arrive à tout le monde. Puis la crise de découragement passe et on reprend la marche. Si on tombe 20 fois, il faut se relever 21 fois: c’est ce que j’appelle être persévérant. Alors, quand on dit CHERCHES ET TU TROUVERAS, c’est vrai, littéralement. Mais il ne faut pas chercher 1-2 jours, puis c’est fini, on passe à autre chose. Non! Il faut chercher obstinément jusqu’à ce qu’on trouve. Si on fait cela, il est strictement IMPOSSIBLE de ne pas trouver. Et quand on a trouvé la merveille, on comprend que tout ce temps c’était la merveille qui nous poussait à la chercher pour qu’on la trouve.













2 commentaires:

Charline a dit...

Qu'est-ce que c'est beau...

Chose amusante : une fois de plus, j'ignore si c'est parce que c'est la dernière phrase et que c'est donc sur elle que le texte se termine et que c'est donc la dernière idée dont on se souvient le plus simplement, mais " Et quand on a trouvé la merveille, on comprend que tout ce temps c’était la merveille qui nous poussait à la chercher pour qu’on la trouve.", je trouve cela tellement poétique, et tellement vrai.

Ne pas persévérer, c'est se résigner. Et se résigner, n'est-ce pas mourir un peu ?
J'ai peut-être fait à l'instant un raccourci honteux, mais c'est la réflexion que je viens de me faire et que je voulais partager.

Qu'en penses-tu ? Qu'en pensez-vous ?

(oui, j'ai encore changé de pseudo : ancienne "Dido" sur le blog "Pocket-Symphony" dont j'ai mis les articles en stand-by pour le moment... et en parallèle, j'ouvre mon vide-dressing en ligne, une toute autre activité nettement moins intellectuelle ! :D)

Charline a dit...

Et un bisou, comme ça, pour le plaisir. :-*

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QUI EST DONC CE JIGÉ?

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Laval, Québec
L'AVC qui a laissé mon corps handicapé en 1990 m'a aussi donné une compréhension inouïe de tous les êtres vivants (surtout humains mais aussi animaux).
Les scientifiques disent que nous utilisons seulement 10% du cerveau. Peut-être mon 10% s'est-il légèrement déplacé car des choses qui sont faciles à la plupart me sont impossibles ou difficiles et des choses qui leur sont extraordinaires sont très ordinaires pour moi.

Mes amis disent que je suis philosophique car je ne prends pas la vie pour acquis: je la questionne jusqu'à ce qu'elle me donne des réponses. Mais cela m'a amené à découvrir quelques uns de ses secrets, et ces secrets, je veux les partager avec toi, ami. (Voir L'HOMME QUI CHERCHAIT DES RÉPONSES -juil. 2008)

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