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Émotion et sentiment

ÉMOTION, SENTIMENTS

 

Tournesol_thumb_thumb_thumb_thumb_th[1]Je te salue ami

Dans le langage courant les mots “émotion” et “sentiment” sont plutôt synonymes (parfois on considère qu’une émotion est un sentiment très fort). En fait on a une si pauvre connaissance de soi que tout ce qui est d’ordre affectif est mis dans le même sac. Dans ce bref article je me propose donc d’expliquer la différence entre ces deux mots.

Le corps reflétant tout ce qui se passe dans “l’esprit”, si une émotion et un sentiment étaient de même nature, on devrait s’attendre à ce qu’ils se répercutent au même endroit du corps, non? Or, une simple observation nous montre que ce n’est pas du tout le cas: on ressent les émotions à hauteur du ventre, et les sentiments, au niveau de la poitrine. Force nous est donc de reconnaître qu’émotion et sentiment sont deux mots qui recouvrent des réalités différentes.

De nombreuses expressions sont directement liées aux émotions que l’on peut ressentir au plus profond de nos entrailles, et là, la différence entre émotions et sentiments est claire. Ainsi on  parlera de “peur au ventre”, de “boule au ventre” ou de “ventre noué”. Par contre, la poitrine est davantage intime que le ventre et on trouve des expressions révélatrices comme l’amour qui dilate la poitrine. Parfois aussi la partie exprime le tout. Par exemple, une chose nous reste sur l’estomac (= ventre), ou encore on en a gros sur le coeur (= poitrine).

Distinguer émotion et sentiment est très intéressant et nous amène à remarquer une chose riche d’enseignements: les sentiments vont par paires d’opposés, certains positifs et d’autres négatifs (amour/haine, joie/tristesse, etc.) tandis que les  émotions ne sont que négatives (peur, colère, envie, jalousie). On comprendra plus loin pourquoi il est important de faire cette distinction.

En explorant le net, je suis tombé par hasard sur le site d’un ostéopathe qui donne la définition couramment admise d’une émotion: “Etat de conscience, agréable ou pénible, concomitant à des modifications organiques brusques d’origine interne ou externe” (Corps Émotion Ostéopathie). C’est comme la définition de Wikipédia: “L'émotion (du latin motio «action de mouvoir, mouvement») est le complexe d'une expérience psychophysiologique de l'état d'esprit d'un individu lorsqu'il interagit aux influences biochimiques (interne) et environnementaux (externe)”. Ce n’est pas faux, bien sûr, mais ça ne me satisfait pas du tout: d’avoir lu ça ne m’éclaire pas sur ce qu’est une émotion.

C’est étrange comme l’intellect de nos jours est incohérent dans sa cohérence et parle beaucoup pour ne rien dire (en fait il prononce beaucoup de mots, ce qui prouve son ignorance, ce qui est VRAI étant toujours simple). Quand il a prononcé les mots de “neurones”, “d’enzymes” ou de “processus chimique”, il croit avoir compris le phénomène émotif. Il est évident que la science, pour pouvoir comprendre le mécanisme des émotions s’est concentrée uniquement sur le corps, et a tellement perdu de vue les autres plans d’existence qu’elle nie même qu’ils existent. C’est très pratique pour AGIR (ici, par exemple, trouver un remède à telle émotion pathologique), mais pour CONNAÎTRE les chose, c’est très pauvre.

Tous les animaux (poissons, insectes, reptiles, oiseaux et mammifères) ont des émotions, et chez eux c’est salutaire. La peur, par exemple, peut sauver la vie de l’animal face à un prédateur en le poussant à fuir ou à combattre. De plus, le corps seul*, laissé à lui-même, a besoin de quelque chose de dynamique pour le sortir de l’apathie naturelle de la matière (sinon l’animal ne serait qu’un végétal sur pattes doté de perceptions). L’émotion joue ce rôle de “catalyseur de la conscience” en le forçant à réagir à ce qu’il perçoit. Beaucoup plus tard, l’évolution dota l’animal supérieur (oiseaux et mammifères) de sentiments: joie, tristesse, etc. qui n’existent pas dans les échelons précédents de l’évolution animale (un moustique et un éléphant connaissent tous deux la peur, mais seul ce dernier peut ressentir de la joie –un moustique “joyeux” ne peut pas exister).

* Une table et une tulipe sont toutes deux faites de matière (des atomes); mais la tulipe a quelque chose que la table n’a pas: la vie; c.a.d. qu’elle naît (d’une semence), se développe, se reproduit, puis décline et meurt. La mouche est vivante aussi, mais elle a quelque chose que la tulipe n’a pas: des émotions. Et le lion a quelque chose que la mouche  n’a pas: des sentiments.  Comme l’évolution avance toujours en AJOUTANT quelque chose de nouveau à tout ce qu’elle a déjà fait, l’Homme, en plus d’avoir un MENTAL très utile, a aussi la VIE, des ÉMOTIONS et des SENTIMENTS.

On le voit donc: l’émotion n’est pas le propre de l’homme puisqu’elle plonge ses racines au tout début du règne animal. Mais tandis que chez l’animal, l’émotion le force à réagir, l’Homme, par contre peut (ou plutôt POURRAIT potentiellement: peu en font une RÉALITÉ) se servir de ses émotions/sentiments pour se dépasser lui-même. Puisque ÉMOTIONS et SENTIMENTS sont différents on doit les traiter différemment.

Chez l’Homme, toutes les émotions sont inutiles, et doivent être rejetées (graduellement, au moyen d’une discipline de soi) car elles le rattachent au monde animal. Un Homme sans émotion est beaucoup plus humain; il a une sorte de dignité que n’a pas l’Homme émotif. Pour les sentiments, par contre, c’est très différent: il ne faut pas les éliminer, mais les sublimer. Quelqu’un qui a sublimé ses sentiments a des “sentiments sublimes”. Il ressent les choses 100 fois plus, a NATURELLEMENT une forte empathie pour tout être vivant, TOUT lui donne de la joie, etc.

NB. Il est important que ce patient travail sur les émotions et les sentiments soit fait sur la base de l’ACCEPTATION de tout ce que l’on est –défauts et qualités- (voir l’ACCEPTATION DE SOI dans Vouloir le bien, rejeter le mal). Dans un premier temps on apprend patiemment à distinguer les ÉMOTIONS des SENTIMENTS. Puis vient la partie longue: travailler à éliminer toute trace d’émotion (peur, colère, envie, jalousie) et à encourager les sentiments à “mûrir” (comme une petite pomme verte et sûre devient grosse, rouge et sucrée en mûrissant); par exemple, la lâcheté devient courage, la colère devient calme imperturbable, etc.

On dit souvent que “L’Homme est de nature divine”, mais cette nature divine est inconsciente: comment la révéler? La première étape est le travail sur les émotions/sentiments (plus tard je parlerai du travail sur la pensée).

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4 commentaires:

almanachronique a dit...

Il s'agirait donc, si j'ai bien compris, d'être conscient de ses "défauts", de les accepter et, au lieu de les combattre, de les utiliser en vue du bien jusqu'à ce qu'ils se transforment d'eux-mêmes en "qualités".
Prenons l'exemple du menteur; il sait qu'il ment, la vérité le dérange... que doit-il faire pour sortir du mensonge???
Pas facile...la violence ou la lâcheté me semblent plus aisées à transformer...
A moins d'écrire.... des contes...mais... les contes disent la vérité..
Et puis aussi, il arrive qu'un enfant devienne menteur pour avoir expérimenté à ses dépens que "toute vérité n'est pas bonne à dire"...
Vale...

Arno a dit...

Salut Jigé !
J'ai toujours de plaisir à lire tes billets qui sont vraiment intéressants : on apprend des choses, tu donnes ton opinion sur le sujet, c'est bien écrit, bref, tu vas croire que je te lèche les bottes :-)

J'ai bien aimé en particulier l'idée que les émotions viennent du ventre et les sentiments de la poitrine.

Concernant la distinction homme vs animal, au sujet des émotions et des sentiments, j'ai l'impression que l'homme a "hérité" d'une partie des émotions et des sentiments des animaux, mais qu'il en a reçu d'autres venus "d'ailleurs". En effet, le sentiment de transcendance, qui nous pousse à dépasser nos instincts primaires, l'émotion ressentie en écoutant une musique qui "touche l'âme" (de la musqiue classique par exemple), le sentiment océanique ressenti devant une oeuvre monumentale, etc. Tous ces sentiments et émotions sont spécifiques à l'homme.

l'homme aurait donc deux réservoirs d'émotions et de sentiments que l'on peut apprendre à distinguer assez facilement, l'un, similaire à celui des animaux, que Freud a appelé le ça, et l'autre, qui nous pousse vers la transcendance, la sublimation (pas au sens freudien cette fois !), le dépassement de soi.

Ce qu'on entend tarditionnellement par "âme humaine" pourrait donc être composée de ces deux pôles pulsionnels (mais pas seulement, n'oublions pas notamment l'intellect et conscience morale) opposés, sources certains de nos tiraillements intérieurs.

Anonyme a dit...

Bonjour à tous
je note que vous classer la Colère comme une émotion en début d'article et qu'elle se retrouve en sentiment à la fin "la colère devient calme imperturbable,..."
Contradiction ou quelque chose m'a échappé...???
Merci pour vos partages.

Jigé a dit...

Effectivement anonyme, il y a contradiction; j’ai écrit cet article en juil. 2011 et tu es le premier à me le faire remarquer, alors merci. La colère est définitivement une émotion, et pas du tout un sentiment.


Le calme imperturbable est un sentiment de paix solide que rien ne peut ébranler; ça permet de passer sereinement à travers bien des événements de la vie et d’envisager l’avenir avec confiance, sachant que rien de fâcheux ne peut nous arriver. Le contraire est une sorte d’inquiétude où on doute de l’avenir; on se sent anxieux, troublé (parfois agité ou nerveux) et ça peut être légèrement paralysant pour agir dans la vie (c’est donc un sentiment négatif qui ne favorise pas une vie épanouie).
Effectivement anonyme, il y a contradiction; j’ai écrit cet article en juil. 2011 et tu es le premier à me le faire remarquer, alors merci. La colère est définitivement une émotion , et pas du tout un sentiment.
Le calme imperturbable est un sentiment de paix solide que rien ne peut ébranler; ça permet de passer sereinement à travers bien des événements de la vie et d’envisager l’avenir avec confiance, sachant que rien de fâcheux ne peut nous arriver. Le contraire est une sorte d’inquiétude où on doute de l’avenir; on se sent anxieux, troublé (parfois agité ou nerveux) et ça peut être légèrement paralysant pour agir dans la vie (c’est donc un sentiment négatif qui ne favorise pas une vie épanouie).

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Laval, Québec
L'AVC qui a laissé mon corps handicapé il y a une vingtaine d'année m'a aussi donné une compréhension inouïe de tous les êtres vivants (surtout humains mais aussi animaux).
Les scientifiques disent que nous utilisons seulement 10% du cerveau. Peut-être mon 10% s'est-il légèrement déplacé car des choses qui sont faciles à la plupart me sont impossibles ou difficiles et des choses qui leur sont extraordinaires sont très ordinaires pour moi.

Mes amis disent que je suis philosophique car je ne prends pas la vie pour acquis: je la questionne jusqu'à ce qu'elle me donne des réponses. Mais cela m'a amené à découvrir quelques uns de ses secrets, et ces secrets, je veux les partager avec toi, ami. (Voir L'HOMME QUI CHERCHAIT DES RÉPONSES -juil. 2008)

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