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Les murs psychologiques


                  


ATTENTION: Mon blog s’adresse à tous, mais seuls quelques-uns se sentiront interpelés par ce texte.





Récemment on a pu voir à la télé les cérémonies du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Évidemment, on ne peut que se réjouir car un mur, c’est une limitation à notre liberté, et il y a 20 ans, une limitation est tombée dans le monde des Hommes. Mais comme je suis philosophique, ça m’a rappelé tous ces minuscules murs en chacun de nous qui nous empêchent de communiquer librement et d’être PLEINEMENT heureux sur cette Terre. C’est de cela que j’aimerais parler aujourd’hui.

Tout le monde sait qu’un mur, c’est quelque chose qui me PROTÈGE de l’extérieur en m’ISOLANT de cet extérieur. Comme par exemple la coquille d’un œuf, très utile pour protéger l’embryon de tous les dangers extérieurs et lui permettre de croître; mais quand le poussin est prêt, il doit la casser pour sortir et pouvoir explorer le monde. Mais ISOLER rime avec PRISONNIER. Que se passerait-il donc si, une fois que le poussin est prêt, il ne peut pas casser la coquille? Prisonnier de cet œuf, il ne pourrait jamais éclore et explorer le monde, et après quelque temps, mourrait dans l’œuf qui lui a permis de croître.

La religion (qui est très morale) nous dit que l’ego est mal et que nous devons nous en débarrasser; mais elle n’explique pas pourquoi ni comment. Or, les choses sont simples (quand on sait): comme tout ce qui existe, l’ego est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Exactement comme la coquille.

Autrement dit, l’ego a déjà été une excellente chose –pour permettre à l’origine UNE et indifférenciée de former des êtres individuels: TOUT ce qui existe (minéraux, végétaux, animaux et humains). Mais maintenant les êtres humains sont hyper individualisés, et l’ego est devenu une chose archi-limitative: il doit donc être détruit (tout comme la coquille doit être brisée pour laisser le poussin sortir). Mais si la coquille est brisée ça ne veut pas du tout dire que le poussin n’existe plus; au contraire il est beaucoup plus libre, et un Homme sans ego ne cesse pas d’exister ni ne retourne à l’indifférenciation originelle. C’est tout le contraire: l’Homme était comme un embryon: il avait besoin de l’ego (la coquille) pour croître et se développer. Mais ça y est: nous sommes individualisés maintenant; brisons l’ego-coquille et allons batifoler joyeusement sur une Terre vraie.

C’est tout à notre avantage et c’est naturel, mais il y a une difficulté. Il s’agit des multiples barrières psychologiques que nous avons tous. Chacun de nous est séparé de tous les autres par un sac de peau qu’il appelle son corps, et qui l'ISOLE de tous les autres. Être isolé des autres est maintenant une limitation intolérable pour beaucoup d’individus car ça les empêche de communiquer directement et à volonté avec chacun des autres.

Ceux qui sont assez satisfaits de la façon dont les choses sont maintenant («Après tout, c’est comme ça la vie»), c’est bien, il n’y a rien contre; ils n’ont qu’à continuer de la manière qu’ils connaissent, à faire de leur mieux et tenter d’être le plus heureux possibles; ils peuvent aussi volontiers penser que je déraille («Ça y est! Avec son AVC, le sang lui est monté au cerveau, et l'araignée, au plafond»). Mais il y a ceux (encore une minorité, mais de plus en plus nombreux) qui sont incapables de se satisfaire de cette vie car ils étouffent, qui aspirent –consciemment ou non- à une vie AUTRE (pas une vie améliorée). C’est pour eux que j’écris ceci.

Nous sommes comme des poussins dans leur coquille: toute communication avec un des autres, c’est à travers MA coquille et SA coquille qu’elle se fait, et JAMAIS directement: à moins que je le lui dise, l’autre ne sait pas ce qui se passe en moi (sauf parfois et indirectement lorsqu’il regarde mon corps, car le corps et l’esprit sont étroitement liés). L’autre est donc un étranger pour moi. Peut-être me ment-il effrontément, peut-être dit-il vrai: impossible de le savoir s’il ne le dit pas (je ne sais de lui que ce qu’il veut bien me dire).

Une simple bonne volonté ou une solidarité d’individu à individu n’est pas suffisante; ce qu’il faut c’est que l’ego (= ce qui fait un moi et me sépare des autres «moi») devienne de plus en poreux jusqu’à disparaître complètement au cours des ans. Lorsque j’ai réussi, plus rien ne me distingue de l’autre (où qu’il se trouve sur Terre). «Moi», je ne disparais pas, je ne suis pas fondu dans la masse (après avoir ôté l'échafaudage d’un édifice terminé, celui-ci ne s'écroule pas: il est LIBRE de l'échafaudage, c'est tout): simplement, comme JE ne suis pas limité à ce corps (= le mien), je suis libre d’aller ici, là, là où cet "autre" corps là-bas et de PERCEVOIR ce qui s’y passe. Seulement ce n’est pas comme si l’individu ici percevait ce qui passe dans l’individu là-bas. Tout arrive en «moi», mais «moi», c’est aussi bien ici que là-bas.

Je ne sais pas si je peux me faire comprendre, mais c’est fantastique! Moi, les autres, moi ici, moi là-bas: les mots sont inadéquats; il faudrait un autre vocabulaire. Comment tenter de dire? C’est comme parler un langage en 3 dimensions à quelqu’un qui ne comprend que 2 dimensions; il ne PEUT pas comprendre: il croira que c’est un «pouvoir», alors que c’est NATUREL (mais une NOUVELLE nature).
D’autres articles parlent du demain heureux de l’Homme, de sa véritable nature –qui est divine. Le poussin dans l’œuf casse sa coquille pour pouvoir explorer le monde. Débarrasse-toi de cet ego encombrant, frère, et viens rire sur une Terre heureuse et belle.



10 commentaires:

just a dit...

Salut! Ces jours-ci, tu as laissé un gentil message sur mon blog "porte folie", merci! Alors je suis allée voir ce que racontait le tien :) Et en effet ça me parle, ça me rappelle certains cours de philo que j'adorais au lycée! C'est vrai qu'on a beau parler, on ne se comprendra jamais réellement les uns les autres, encore faut-il se comprendre soi-même ;) Mais il faut quand même essayer... Sympa la comparaison en 3D...

almanachronique a dit...

Ah, oui! Jigé ! je suis concernée...
comme je voudrais me débarrasser de cet ego et aller vers les autres avec simplicité et enthousiasme, mais... il est là et me colle comme un vieux chewing- gum à mes semelles.
Et le pire est que j'ai du mal à le cerner..
si mes cheveux sont trop longs, je le vois, je les coupe...
mais l'ego, comment le briser si je n'arrive pas à le percevoir.
Il y a des moments de grâce, pourtant...
Ah, comment se débarraser non pas de l'ego, pusqu'il protège, mais de son trop plein???
Voudrais-tu continuer sur ce thème? Ce serait tellement utile...
Merci pour tout
pomme

Dido a dit...

Bonjour Jigé,

Je continue de te lire et, aujourd'hui, en lisant ce texte, je me suis particulièrement reconnue.
Je suis en plein dedans, à vrai dire.

Je ne suis pas certaine d'avoir compris tous tes mots, mais en tout cas, une chose est sûre : je me sens comme dans une coquille que je ne parviens pas à briser depuis des années. J'ai la sensation d'en être sortie à ma naissance, d'avoir passé une petite partie de mon enfance sans coquille mais... l'éducation que mes parents et autres proches m'ont apportée est passée par là et a fait bien des ravages. Cette coquille symbolise à mes yeux ces peurs, ces angoisses qu'ils m'ont transmises et que j'ai faites miennes. Aujourd'hui, j'ai bien pris conscience du fait que ces choses ne m'appartiennent pas mais que je les ai intégrées dans l'enfance en me construisant, et maintenant elles me font l'effet d'un poison qui se serait insinué dans mon sang et en aurait changé la formule. Alors, à présent, je cherche une façon d'extraire ces éléments nocifs de moi, pour enfin me réaliser et devenir celle que j'ai toujours été au fond de moi.
Je pense que l'ego est nécessaire pour se construire. Il définit une limite qui nous permet de ne pas nous perdre dans les méandres de notre cerveau complexe, de la même façon que le monde qui nous entoure a été décodé, du moins en apparence, à l'aide du langage (qui n'est qu'une liste de concepts permettant de communiquer sans trop se perdre avec les autres, bien que tout soit relatif et qu'il faille toujours prendre soin selon moi à voir avec notre interlocuteur sa propre définition de certains termes, la vision qu'il en a, pour ne pas rencontrer de malentendu), et qu'un nombre énorme de choses ici bas ont été nommées, définies au fil du temps. Qui n'a jamais connu le problème délicat des catégories, des cases sociales ? Qui n'a jamais eu lui-même un a priori concernant quelqu'un d'autre, persuadé qu'il se situait dans l'une de ces nombreuses cases ? Qui ne s'y est pas retrouvé, bien souvent à tort, au regard des autres ? Et pourtant, ne perdons pas de vue le fait que les cases sont essentielles pour construire la pensée et ne pas se perdre... MAIS, ce que bien des personnes oublient, ces cases existent pour ce qu'elles sont, mais on peut à tout moment les moduler, les pousser, en sortir. Elles ne sont que des outils. Et beaucoup de personnes, en tout cas dans mon entourage, ont tendance à y enfermer les autres ou à s'y enfermer elles-mêmes. Chacun ses problèmes, sans doute. Mais je ne veux pas que ça soit le mien. Sans ego, cette foi en soi, cet amour de soi, cette confiance et surtout, cette individuation, comment se bâtirait une communauté où les personnes sont censées être complémentaires et s'apporter les unes les autres leurs compétences propres ? Plus je me lis, et plus je me demande si, d'une part, je ne fais pas un peu de hors-sujet et, d'autre part, si je ne me trompe pas sur toute la ligne.
J'espère que la discussion autour de l'ego va se poursuivre, car j'aimerais moi aussi en apprendre davantage !

Toutarmonie a dit...

Comme je te rejoins lorsque tu te demandes comment l'expliquer, un peu comme de parler d'une dimension inconnue. C'est la raison pour laquelle je ne parle pas de cela généralement, je le vis, je le fais vibrer autour de moi, en sachant qu'au-delà des mots, il existe une communication non visible qui n'est pas rejetée par l'ego justement.
Je crois que tu as trouvé les mots justes malgré cela.
En réponse à une question posée ici concernant la manière de se débarrasser de cet ego; c'est de moins analyser, de faire comprendre au cerveau que son vrai travail consiste à "traduire" ce qui monte, non pas diriger. En traduisant, il nous permet de nous connecter sur ce tout que nous formons... et donc d'être ici ou là...
C'est le but de se "remettre au monde". Retrouver notre essence (et je précise que je ne parle pas de religion). Retrouver notre authenticité.

Jigé a dit...

Plusieurs personnes, comme toi chère Pomme, m’ont encouragé à parler davantage de l’ego dans un commentaire ou une lettre. Pour moi le mental et l’ego sont deux sujets très importants, alors bien sûr que je vais en parler encore (dans un texte intitulé «voir avec le cœur»), d’autant plus que ça me donnera l’occasion de parler de ces deux sujets.

Je dois dire qu’avant même que je publie ce texte j’espérais/savais que tu m’écrirais –toi et qq autres. À ce jour tous, sauf un, ont écrit.

(Je veux d’abord publier «La deuxième naissance», puis ce sera le tour de «Voir avec le cœur»)
JG

Jigé a dit...

Pas seulement toi, Dido; on a tous grandi dans une coquille, et on étouffe car ce n’est pas confortable (sauf ceux qui ont encore besoin d’elle pour croître). Et c’est vrai que la briser prend des années. On ne s’en aperçoit pas mais chaque coup de bec l’affaiblit davantage et un beau jour, un dernier coup de bec et ça y est: tout s’écroule soudainement: on se retrouve dehors et on respire, c’est formidable!

Ce que tu dis de la naissance et des années qui ont suivi est si vrai. Il y a longtemps j’avais lu une chose intéressante à ce sujet. Ça disait que dès la naissance (ou après une période de grâce) on déversait sur nous un tombereau de terre, et que plus tard on mettait des années à nettoyer tout ça. Moi j’ai mis des années et des années, et j’ai réussi; alors il faut être persévérant et on est sûr de gagner.

«Devenir celle que j’ai toujours été au fond de moi»: comme j’aime cette expression qui suggère qu’on est bcp plus que celui qu’on croit qu’on est (plus dans Le MOI véritable -juil. 2009).

Commentaire TRÈS intéressant qui me confirme plusieurs choses. Merci. Je visite bcp de blogs mais ne me souviens pas d’une Dido: comment as-tu connu ce blog et de quel pays es-tu? En tout cas tu es bienvenue.

Jigé a dit...

Oui, chère Toutarmonie, ce qui se prépare pour l’humanité sera si différent de ce qui existe maintenant que «les mots pour le dire n’existent pas encore» comme chante Brel; toute tentative pour en parler –y compris la mienne- est donc vouée à l’échec. Parfois je suis tenté comme toi de me taire et d’être un exemple silencieux. Mais que faire? De cette façon-là on ne rejoint que quelques personnes, et ce que je veux vraiment, c’est témoigner de ce que j’ai vu au plus grand nombre possible.
JG

Dido a dit...

J'ai auparavant porté le pseudonyme de Bliss, ceci explique cela ?

Tu avais laissé quelques commentaires sur mon blog, c'est de cette façon que j'ai découvert le tien. :)

Par contre, je ne comprends pas, je crois que j'en ai perdu en chemin, ou peut-être les ai-je effacés un jour par dépit ou manque de conviction... ceci est une autre histoire !

Et je suis contente si ma réaction a été d'une quelconque utilité.

A très vite, je repasserai.

Dido a dit...

Ah oui, j'oubliais : je suis française et actuellement parisienne ;)

Dido a dit...

Bonjour, c'est encore moi :)

J'ai donné une réponse à la suite de ton commentaire, chose que j'aurais peut-être dû faire ici, je ne sais pas !

A bientôt.

Mes articles

QUI EST DONC CE JIGÉ?

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Laval, Québec
L'AVC qui a laissé mon corps handicapé en 1990 m'a aussi donné une compréhension inouïe de tous les êtres vivants (surtout humains mais aussi animaux).
Les scientifiques disent que nous utilisons seulement 10% du cerveau. Peut-être mon 10% s'est-il légèrement déplacé car des choses qui sont faciles à la plupart me sont impossibles ou difficiles et des choses qui leur sont extraordinaires sont très ordinaires pour moi.

Mes amis disent que je suis philosophique car je ne prends pas la vie pour acquis: je la questionne jusqu'à ce qu'elle me donne des réponses. Mais cela m'a amené à découvrir quelques uns de ses secrets, et ces secrets, je veux les partager avec toi, ami. (Voir L'HOMME QUI CHERCHAIT DES RÉPONSES -juil. 2008)

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