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L’aspiration




On ne peut pas aspirer à RIEN; on doit absolument aspirer à quelque chose. Un Homme qui se noie dans la rivière parce qu’il ne sait pas nager n’aspire qu’à UNE SEULE chose: de l’air.

Il y a quelques milliers d’années de rares Hommes aspiraient à être plus qu’un individu humain. Alors, après leur avoir fait passer des épreuves (pour voir s’ils avaient les qualifications) des écoles initiatiques –encore plus rares- leur donnaient une sorte de discipline spirituelle qu’ils devaient pratiquer pendant plusieurs années, après quoi ils avaient le statut d’un dieu, pouvaient prophétiser ou avaient toutes sortes de capacités que n’avait pas l’Homme de la rue.

De nos jours, où la connaissance s’est démocratisée, de nombreuses personnes, à la mentalité spirituelle, ont entendu dire que leur véritable nature (subconsciente, donc inconnue) est divine et éternelle. Alors ils se présentent chez le gourou ou le maître spirituel. Là, pas d’épreuves ni de test (que pas un sur mille ne réussirait de toutes façons). Après un minimum de théorie, on leur donne une sadhana (discipline spirituelle), et plusieurs années de pratique plus tard, on voit peu de résultats. Alors le gourou, dans sa grande sagesse, déclare qu’il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus.

POURQUOI y a-t-il beaucoup de candidats à «l’état divin» et si peu de «réussite»? On a vu que l’homme qui va se noyer n’aspire qu’à UNE SEULE chose: de l’air. Mais aujourd’hui chez les disciples (ou plutôt apprentis-disciples) de tel ou tel gourou, on trouve rarement une telle INTENSITÉ D’ASPIRATION. À notre époque agitée, notre façon de vivre est remplie d’agitation du matin au soir: entre s’occuper des enfants et du conjoint, le travail, le bus à prendre, la pelouse à tondre, le repas à préparer –et les mille autres choses qui nous occupent l’esprit- on se souvient parfois: «Ah oui! Il faut trouver mon être éternel».

CHERCHES ET TU TROUVERAS, dit-on. Oui, mais il faut chercher réellement, EXCLUSIVEMENT pendant des années jusqu’à ce qu’on trouve. Pas 30 minutes le soir, et le reste du temps faire mille autres choses. À notre époque très peu de personnes ont cette aspiration exclusive; on veut être divin, oui mais en même temps on ne veut pas renoncer à être «un être humain parmi des millions d’autres»: on a des préoccupations très humaines et on désire des accomplissements très humains. Pas étonnant alors qu’on ait si peu de résultats.

C’est NORMAL de rechercher des accomplissements humains; après tout, on est humain, non? Ceux qui sentent en eux un besoin d’être plus, c’est NORMAL aussi; après tout on n’est pas sorti du singe que pour faire seulement un homme, ce serait un pauvre accomplissement. Après le singe, l’Homme. Et après l’Homme, quoi? Pas un Homme + (+ d’argent, d’intelligence ou de santé), mais une espèce divine, un Homme divin (que j’appelle «l’Homme après l’Homme» faute d’un meilleur nom).

Cet Homme divin, vous croyez que c’est possible, ou vous êtes à jamais un Homme, PRISONNIER d’une molécule D’ADN? La spiritualité parle de libération, mais se libérer de quoi? Et ceux qui ne se sentent pas prisonniers dans leur peau d’Homme, pourquoi voudraient-ils se libérer? En fait on ne devrait rechercher les accomplissements divins que lorsque les accomplissements humains nous laissent indifférents ou n’ont plus d’intérêt pour nous. Alors on les laisse tomber, on s’en détache sans effort particulier (comme un adulte abandonne son petit pantalon d’enfant parce qu’il n’entre plus dedans).

De toute façon le but de la vie c’est d’être HEUREUX, pas d’être divin. Mais il y a une explication très encourageante au nombre grandissant de candidats à «l’état sublime» et c’est prometteur pour l’avenir de notre espèce (et bon signe pour les grandes intelligences qui veillent sur le développement de notre humanité).

D’abord le grand nombre de personnes intéressés par la spiritualité (encore une minorité, mais 100,000 fois ou 1 million de fois plus nombreuse qu’il y a à peine 2-3 mille ans). Ceux qui ont «des yeux pour voir» comme disent les Écritures, ou qui savent voir dans les événements les signes annonciateurs des choses à venir sont tous d’accord pour dire que l’espèce humaine traverse présentement une grave crise qui verra son aboutissement d’ici quelques dizaines d’années tout au plus. Mais c’est une «crise d’adolescence» qui mènera vers l’âge adulte. C.a.d. qu’après sera cent fois mieux que maintenant.

Les changements seront si nombreux et radicaux (quoique assez graduels) qu’on peut dire sans crainte de se tromper que la société de demain aura un visage très différent de celui d’aujourd’hui (Je compte expliquer cela dans un futur article). UN de ces changements sera la diminution de l’importance de la faculté mentale dans notre vie, tandis que l’aspiration (qui est une qualité de l’âme) pourra s’exprimer directement dans notre corps, sans passer par le mental -comme c’est le cas présentement- ce qui nous confèrera des aptitudes très intéressantes. Mais l’aspiration peut nous aider dès maintenant à dépasser le mental (individuellement, pas en tant qu'espèce).

La véritable aspiration (dont nous ne connaissons que des bribes) est de la nature du feu: elle brûle tout ce qu’on jette dedans. Sachant cela, nous pouvons utiliser cette caractéristique à notre avantage. Je m’attarderai donc à développer cette thèse importante dans un prochain article (ATTISER L’ASPIRATION).



7 commentaires:

Cédille a dit...

Bonjour,

Il y a un ou deux mois vous avez déposé chez moi un commentaire amical auquel je n'ai pas répondu. Ce n'est pas par manque de courtoisie, ni par dédain... C'est tout simplement parce que je suis une solitaire timide (très et trop) qui ne se sent en sécurité que dans sa crique.

Cependant, la curiosité étant humaine n'est-ce pas, je suis venue vous lire à plusieurs reprises, me perdant un peu dans le dédale de votre blog, mais trouvant à chaque visite de quoi me satisfaire !

Si je vous dis que vos écrits donnent à réfléchir sans doute ne vous étonnerez-vous pas ! On ne peut sortir indemne après vous avoir lu... on réfléchit, on s'interroge. Irai-je jusqu'à dire que l'on se cherche ? Je n'en suis pas là !

A quoi j'aspire ? Qui suis-je vraiment ? Suis-je réellement attentive à tout ce qui m'entoure ? Où vais-je ? Pourquoi et pour qui suis-je née ?... Questions essentielles mais ai-je les réponses et les aurai-je jamais ? Très certainement non.

Encore merci d'avoir déposé chez moi un "pétale de roses" et pardon encore d'avoir tardé à vous répondre (j'ai osé le faire et suis encore toute étourdie !).

Je vous souhaite une bonne fin de journée.

Cédille

Jigé a dit...

Merci Cédille pour le commentaire. «On ne peut sortir indemne après vous avoir lu»: comme c’est bien dit, c’est exactement le but recherché.

Je suis un incurable curieux qui raffole des qualités et des travers de ses semblables. Ainsi quand je vois SOLITAIRE et TIMIDE ensemble, j’interprète par INTROVERTI et RÉFLÉCHI, et pour moi c’est bon signe. Le plus souvent on agit, puis la conséquence de l’action nous force à réfléchi et ainsi on apprend. Et c’est bien. Mais certaines personnes réfléchissent avant d’agir, et c’est encore mieux car ainsi on s’épargne la réaction de notre action (qui est parfois douloureuse).
JG

bagnarosa a dit...

Bonjour !


A propos de la recherche des "accomplissements humains", une peur me taraude...
Délaisser de tels accomplissements, n'est-ce pas un risque, lorqu'on a déjà bien du mal à s'accrocher à la vie, de perdre le contact avec le réel? N'est-ce pas fuir vainement ce qui nous semble trop petit, vide de sens? Les activités habituelles d'un être humains sont peut-être les seule et uniques choses possibles...même si je les trouves profondément étriquées, je n'ai pas tellement eu l'occasion de vivre autre chose. Cet autre chose n'est-il qu'un idéal, une image, une illusion?
Est-ce le refus de s'incarner que de refuser cette vie telle qu'elle est?

rosa a dit...

Il y a quelquechose en moi qui ne cesse de hurler pour sortir: je me demande toujours qu'est ce que je devrais vivre, ou est-ce que je devrais aller pour me sentir là ou je dois être?
Un jour, aprés une journée de cours durant laquelle j'avais ressenti un cruel manque de "spiritualité", j'étais allée prier, demandant à ce que mon besoin de spiritualité soit comblé. Sitôt ma priére achevée, la vue d'un tronc d'arbre me frappa. Je n'en voyais que le tronc, à travers la porte de l'église, les branches et les feuilles m'étaient invisibles. Je crus recevoir le message suivant: tu trouveras ta nourriture spirituelle lorque tu te seras véritablement incarnée.
Dés lors, j'abandonnai mon désir de laisser tomber mes études pour tenter de m'absorber entiérement dans la recherche du divin, et me résignai à essayer de "rentrer", de m'"incarner" dans mon quotidien, tout terne et superficiel qu'il me semblait.
Le probléme est que je n'arrive absolument pas à aimer ce quotidien, je suis malheureuse et je n'ai pas la sensation d'avancer sur le plan spirituel, malgré ce que me disent les thérapeutes...(à savoir que le théâtre, le chant sont une aide pour s'incarner, l'art permet d'accéder au divin, etc..)Je le croyais moi aussi, mais aprés des années de pratique je vois bien que ce n'est pas le cas. Je suis toujours aussi dominée par mon mental, qui me pousse bien souvent aux portes de la folie!
Toi qui semble dire que pour trouver son être profond, on doit entiérement s'y consacrer...( j'ai toujours voulu être chanteuse lyrique, mais je désire par dessus tout libérer mon être profond!)

Si je décide de consacrer ma vie à la spiritualité plutôt qu'à l'art, serais-je assurée de ne pas sombrer dans le néant? Trouverais-je une voie à emprunter, un chemin dans lequel m'engager?

Haha ! Pardonne moi de t'innonder de questions, j'ai bien conscience que tu ne pourras pas necessairement y répondre.
Seulement ton texte parle de la question qui me tourmente tous les jours, et je suis si perdue...

Merci en tout cas pour tes beaux écrits.
Mais je voudrais vivre, et non lire !
Si tu pouvais me montrer le chemin, dés fois que ce serait le bon...

Allez, bisous hihi !

Jigé a dit...

Salut Bagnarosa,
Ta question est intéressante et rejoint ce que pensent plusieurs lecteurs de ce blog. Le texte que je publierai bientôt clarifiera cet important sujet. Pour l’instant il suffit de savoir qu’on ne doit PAS délaisser les accomplissements humains car ils sont TOUS parfaitement légitimes. Les accomplissements humains sont comme autant de portes qu’on ouvre et referme dans la grande salle de la vie à la recherche du bonheur: si on n’en a aucun, comment saura-t-on ce qui rend heureux? D’ailleurs si on délaisse les accomplissements humains, pourquoi s’incarne-t-on alors?

(plus, bientôt dans un article que je rebaptiserai «Les accomplissements humains»)

rosa a dit...

Merci pour ta réponse ! J'ai vraiment hatte de lire ton article.
D'autre part, puis-je me permettre de faire une demande? Aurais tu par hasard envie d'écrire un article sur le suicide? J'en aurai bien besoin, et sans doute plein d'autres gens. Tu en parles un peu dans le livre sur la vie, mais pas profondément.
La question du suicide me torture, et bien que j'arrive en général à me raisonner en me disant que cela ne sert à rien, ma compréhension du sujet est trop faible pour que je puisse me sentir solide face à lui...

Jigé a dit...

Plein de choses intéressantes dans ces com. Merci Rosa.

Comme toi j’ai connu des périodes difficiles, le doute, le questionnement intense. Et j’ai dépassé cela. Alors je sais: il y a une issue (voir L’Homme qui cherchait des réponses –juil. 2008).

Nous croyons que le mental, c’est nous. Alors quand le mental craque (comme ici) nous croyons que c’est nous qui craquons. Mais c’est faux! En fait le mental est une infime partie de nous qui se donne beaucoup trop d’importance. Il agit comme si sans lui on ne peut rien faire de bon; et je te rassure tout de suite, les chances pour que tu deviennes folle sont de 0%.

C’est vrai que dans ma recherche j’ai trouvé des réponses intéressantes, mais je n’ai aucune qualification pour montrer le chemin. Tout au plus j’essaie d’encourager et c’est à chacun de chercher (à sa manière). Henry Bergson a dit que la certitude ne concerne que la personne qui la détient. Moi j’ai la mienne, mais je ne veux la déverser sur personne; c’est à chacun de trouver la sienne.

Laisse tomber le fardeau; la vie peut être si facile si on laisse cela au divin. On ACCEPTE à 100% nos conditions et on travaille à les améliorer; est-ce que ça va réussir?: peu importe, ça ne me regarde pas (enseigne le karma). Ce n’est pas en abandonnant tout et en te concentrant uniquement sur le divin que tu deviendras heureuse (le bonheur, c’est bien le but de la vie, non?), c’est en conservant tout ce que tu fais présentement (ces conditions TE correspondent) et en travaillant à changer de façon à voir le divin que tous ces êtres et ces choses dissimulent (un peu comme un masque dissimule les traits du visage). Si tu fais cela, tu trouveras la vie si intéressante que tu ne seras plus jamais tentée par le suicide.

Amitiés,
JG

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QUI EST DONC CE JIGÉ?

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Laval, Québec
L'AVC qui a laissé mon corps handicapé en 1990 m'a aussi donné une compréhension inouïe de tous les êtres vivants (surtout humains mais aussi animaux).
Les scientifiques disent que nous utilisons seulement 10% du cerveau. Peut-être mon 10% s'est-il légèrement déplacé car des choses qui sont faciles à la plupart me sont impossibles ou difficiles et des choses qui leur sont extraordinaires sont très ordinaires pour moi.

Mes amis disent que je suis philosophique car je ne prends pas la vie pour acquis: je la questionne jusqu'à ce qu'elle me donne des réponses. Mais cela m'a amené à découvrir quelques uns de ses secrets, et ces secrets, je veux les partager avec toi, ami. (Voir L'HOMME QUI CHERCHAIT DES RÉPONSES -juil. 2008)

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